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INTERVIEW


Jean-Marc GOURMAUD,
Chef de projet informatique (vit au Québec depuis 2008)

« Redynamiser sa carrière hors de France demande une réflexion intrinsèque
   importante »

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Manque d’opportunités, avenir bouché… Jean-Marc Gourmaud claque la porte de l’Hexagone
et s’installe au Québec pour mettre ses compétences informatiques au service des Cree et des
Inuit. Un épanouissement total.

Après un cursus en sciences physiques, vous avez bifurqué dans l’informatique.
Pourquoi avoir choisi cette voie ?

A l’origine, je ne m’étais effectivement pas destiné à me lancer dans l’informatique. C’est cependant un domaine assez proche des sciences en général. Et à l’époque, l’informatique était, et est toujours, un secteur en permanente évolution. J’ai donc obtenu l’équivalent d’une maîtrise en informatique. Cela m’a permis de travailler pour des clients tels que France Télécom, ORT, Bull, IBM, au travers de SSII (Sociétés de Services en Ingénierie Informatique -  NDLR), puis en tant qu’indépendant, sur Paris, Nantes, Tours, et Sophia-Antipolis.
J’ai suivi quelques années plus tard, une formation de chef de projet en informatique option Télécoms, afin de parfaire mes connaissances dans ce domaine. J’ai eu l’occasion ensuite d’établir des dossiers de projets, notamment pour le WiMAX (Worlwide Interoperability for Microwave Access – NDLR).

L’an dernier, vous décidez de quitter la France pour le Québec. Quel a été l’élément déclencheur ?

C’est une décision qui remonte à plusieurs années. Je ne retrouvais plus mes repères professionnels en  France, et la pression de plus en plus importante au sein des sociétés n’était plus supportable. Le marché de l’informatique avait changé.
J’ai eu l’occasion d’aller aux Etats-Unis à maintes reprises et une fois au Canada à titre personnel. La mentalité nord-américaine me convenait davantage, et le Québec était le meilleur compromis.
Le cap des 40 ans m’a fait réagir. Se sentir étranger dans son propre pays est un signe évident de malaise. Je me suis donc inscrit sur le site jobboom.com en y mettant les critères correspondants à mon profil, et mes préférences.

Opter pour la mobilité, quitter la France, est-ce difficile pour un senior ?

Il faut avant tout être prêt psychologiquement. Cela demande une réflexion intrinsèque assez importante. Je pense que l’ouverture d’esprit, l’adaptation, la réactivité sont des aspects qui entrent en ligne de compte. Le dilemme est que la mobilité est un atout pour un senior, mais à un certain âge, on souhaite également rester dans son environnement familial et amical. C’est un choix.

Pourquoi avoir choisi de vous installer dans un endroit reculé, Kuujjuarapik (*), un village située à équidistance entre Montréal et le cercle polaire et où les températures en hiver frôlent les –40 ° C, voire plus avec le refroidissement éolien ?

C’est un concours de circonstances, mais j’avais envie également de rencontrer les autochtones, d’apprendre leur culture plus en profondeur. De plus, le lieu où je me situe est unique au Québec, en ce sens, où le village regroupe à la fois les indiens Cree et les Inuit.
Le goût de la nature, de la géographie et l’histoire des peuples, m’ont motivé à venir ici.

En quoi consiste votre mission ?

Mon rôle est de gérer le parc informatique du Band Office - l’équivalent d’un hôtel de ville - de la région Cree, mais pas seulement. Je m’occupe également de l’informatique de la municipalité des Inuit.
J’ai un rôle de conseiller par rapport à leurs besoins matériels et logiciels ainsi que de leur budget. Ma formation de chef de projet m’aidant à visualiser le type d’organisation de l’information et l’optimisation de leur infrastructure.

Quels conseils pouvez-vous donner pour réussir son intégration au Québec ?

N’arrivez pas en terrain conquis car personne ne vous attend. Ne vous imposez pas en donneur de leçons car la sanction sera inévitable, et rapide. La notion d’adaptation est un élément essentiel. Il est également conseillé de maîtriser la langue de Shakespeare. On ne vous demandera pas d’être bilingue, mais avoir un anglais courant est un atout important dans la sélection de votre CV.

Est-ce que le fait d’être installé au Québec vous permet de tisser des liens professionnels avec des réseaux canadiens mais aussi américains ?

Pas vraiment, car en venant ici, je voulais mettre un terme à ma profession. Je ne me suis donc pas intéressé à cet aspect. De plus, et bien que disposant d’Internet, je reste assez isolé des  réseaux professionnels. Les choses seraient différentes bien évidemment si j’étais à Montréal.
Je crois fortement aux opportunités en ce pays,car on ne vous juge pas si toutefois vous souhaitez changer de métier, il faut « simplement » faire ses preuves, et on vous donnera l’occasion de le faire. Cette flexibilité reste un facteur de dynamisme et d’ouverture que l’on n’a malheureusement pas en France.

Un retour en France est-il envisageable ?

Je suis actuellement en phase de concertation avec les Cree pour la création d’une section « Films et Photos » au sein du département culturel, dont le but est de mettre en images les événements de la culture Cree. Je souhaite faire la même chose pour les Inuit. Mon rôle sera de produire, réaliser, et superviser les reportages et documentaires.
En quittant la France, je n’ai jamais eu l’intention d’y revenir, à titre professionnel. Cette arrivée au Québec, marque pour moi une opportunité de réaliser ce que je n’aurais jamais pu faire en France.

Propos recueillis par Martine Triquet-Guillaume

(*) Kuujjuarapik est situé sur la côte Est de la baie d’Hudson dans le nord du Québec sur le 55e parallèle dans la région de Nunavik. Dans ce village cohabitent 700 Cree pour 500 Inuit. Jean-Marc Gourmaud est le seul Français et informaticien de ce village. 

SES LIENS FAVORIS  :

http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/index.asp
http://www.jobboom.com
http://www.immigrer.com/travailler.html
http://www.macarrieretechno.com/professions/consultant

SA PASSION : LE CINEMA

« Le cinéma a toujours été une passion dévorante. Je laisse cependant une place privilégiée au documentaire, notamment fiction et scientifique. L’opportunité d’être parmi les autochtones, et le fait  de pouvoir développer certains sujets, cela me motive à passer au stade de la concrétisation.
Les aides financières allouées aux Indiens Cree et aux Inuit, sont très importantes, notamment dans la préservation de leur culture respective. 
J’ai réalisé quelques vidéos-diaporamas en guise de clin d’oeil que l’on peut voir sur :
http://www.youtube.com/JMGQC

Ce ne sont que des essais et aperçus avant de passer aux choses sérieuses… »



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