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INTERVIEW


Philippe VAN WYMELBEKE,
Directeur des ressources humaines,
DRH de transition (21)

«Un bon DRH cherche le meilleur compromis pour la pérennité de l’entreprise»

 

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Le recrutement, Philippe VAN WYMELBEKE, en connaît tous les arcanes. Directeur des ressources humaines pour le compte de grosses structures durant des années, il a en 2003 opté pour exercer sa mission dans diverses entreprises en portage salarial. Toutefois, l’idée de rejoindre une structure fait partie de ses projets.

Habitué à mener des entretiens avec des candidats, vous êtes maintenant de l’autre côté. Comment cela se passe-t-il ?

La situation n’est pas vraiment inverse. L’entreprise est avant tout demandeuse d’une compétence rare. Sa recherche s’appuie sur une expérience acquise de longue date.
Le cadre de transition connaît sa compétence et ses limites.

Est-ce que le fait d’être DRH de métier est plus facile pour réussir sa présentation ?

Pas vraiment. Si un DRH sait vendre, se vendre lui-même reste un exercice difficile.
Les entretiens d’embauche conservent toujours un « je ne sais quoi » d’horripilant. Comme si le candidat devait se sentir en position d’infériorité.

Vous avez travaillé pour de grands groupes. Quelles ont été vos principales interventions ?

Les restructurations négatives (fermetures, licenciements) ou positives (fusion, acquisitions, regroupements). Avec à chaque mission l’absolu conviction que l’on peut mieux faire que ce qui était prévu au départ. Toutes les entreprises qui ont vécu ces moments difficiles avec un objectif RH (développement, zéro chômeur) ont acquis auprès de leur personnel un capital de sympathie qui vaut toutes les primes de productivité.

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon DRH ?

C’est de n’être ni du côté des employés ni de celui de la Direction. Un bon DRH  est une interface qui cherche le meilleur compromis pour la pérennité de l’entreprise.

Avez-vous été amené à gérer des conflits, des négociations ?

Evidemment cela fait parti du travail de DRH que trop souvent les directions d’entreprise négligent. Les négociations en cas de conflit ou en dehors ne sont pas obligatoirement difficiles à gérer. Lorsque la confiance mutuelle est acquise.

Depuis six ans vous intervenez en mission. Pourquoi ?

Paradoxalement lorsque vous cherchez du travail après 50 ans (voire 45 aujourd’hui) on vous fait comprendre que vous êtes trop vieux. Même si en face l’âge fatidique est souvent dépassé depuis longtemps.
En transition plus de problème. Votre âge et votre expérience immédiatement opérationnelle sont les atouts à mettre en avant et recherchés par votre interlocuteur. Plus d’entretien stressant mais un vrai dialogue à égalité afin de définir la mission. Du gagnant-gagnant à coup sûr.

Vous avez choisi le portage salarial. Etes-vous satisfait de ce mode de fonctionnement ?

Pas vraiment. Cela reste difficile à vendre.

Dans quels types de structures intervenez-vous. Quels sont vos objectifs ?

Toutes les structures ont les mêmes problèmes et les mêmes problématiques à résoudre qu’elles soient à but lucratif ou associatif. La gestion du personnel ne diffère pas avec l’objet de l’entreprise. Les seules différences que j’ai pu constater sont dans l’avance du développement des ressources humaines. Certaines sont encore très loin d’un modèle idéal.

En tant que DRH de transition, quelles sont les principales difficultés pour être efficace ? 

La mission étant à durée déterminée il est nécessaire de comprendre très rapidement tous les enjeux et aboutissants de l’entreprise. Ensuite il faut convaincre des préconisations émises. On croit sans discuter son garagiste qui vous conseille telle ou telle chose plutôt qu’une personne extérieure venant changer vos habitudes de management.

L’idée d’intégrer à nouveau une entreprise vous intéresse-t-elle ?

J’aimerais surtout trouver une entreprise nouvelle, une structure qui croit en ses ressources.

Vous vivez en région parisienne, êtes-vous prêt à la mobilité ?

Je vis en province pour me ressourcer. J’ai un domicile parisien parce que cela facilite les déplacements. Evidemment la mobilité nationale est nécessaire dans ce type d’activité. Depuis 22 ans je suis cadre TGV.

Propos recueillis par Martine Triquet


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