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INTERVIEW


Isabelle REYDET-ROUSSELET
Directrice générale, consultante, intermédiatrice

« Mon rôle est de mettre des synergies, idées et compétences en commun pour
  répondre à des projets variés »

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Installée au Maroc depuis 1994, Isabelle REYDET-ROUSSELET est spécialisée dans le conseil, l'intermédiation et les services BtoB. Elle anime un réseau national et international de 350 experts. Elle invite les seniors à rejoindre son réseau.

Quel a été l’élément déclencheur pour aller excercer au Maroc ?
Jusqu'en 1993, j'étais responsable marketing & communication en France chez un éditeur international de progiciels. Etant attirée par l'international, c'était le moment de rentrer dans un processus de changement et de découvrir de nouveaux horizons. J'hésitais alors entre le Vietnam et le Maroc. J'ai choisi le Maroc, pays tremplin entre les deux rives de la Méditerranée. Cette décision relevait d'un véritable challenge personnel !

Vous êtes française, avez-vous rencontré des difficultés pour vous intégrer professionnellement et monter votre entreprise  ?
J'avais rencontré deux dirigeants marocains à une conférence internationale en France en juin 93. Ce sont eux qui m'ont mise en relations avec une fiduciaire pour le montage de ma société CMC2 et m'ont aidée dans la recherche de nos bureaux. En revanche,
je dois avouer avoir eu quelques mauvaises surprises à gérer par la suite... Il faut bien connaître la loi et les règles du jeu pour réussir sans impair. Côté intégration professionnelle, je n'ai pas eu de difficulté, passée la phase d'adaptation socio-culturelle.

Parlez-nous de l’activité de CMC2
En 1994, nous avions un positionnement de conseil en communication ; nous voulions déconnecter la réflexion de l'action. Or, il s'est avéré que l'action primait au détriment de la réflexion-orientation.
Nous avons donc développé une offre axée projets : lettres et brochures d'information, communiqués et dossiers de presse, accompagnement/promotion d'événements,... A cette époque, nous avons organisé les Journées franco marocaines de l'informatique et des télécommunications à Casablanca. En 1996, nous avons lancé CXP (www.cxp.fr) au Maroc, puis Mandriva Linux à travers Liberty tech en 2006.
Même si les idées sont bonnes, il y a toujours un important travail de fond à faire...
Depuis 5 ans, nous intervenons sur quatre grands pôles : marketing stratégique, communication-promotion des ventes, RH-Formation et NTIC.

Quelles ont été vos grandes réalisations ?
Elles sont multiples. Parmi elles, je retiens la nouvelle version de notre site Web en 2007 (version française), puis la mise en place de sa version anglaise (2008) et arabe en 2009. Nous avons également fait évoluer notre nom de domaine pour passer de cmc2maroc.com à cmc2international.com, nos activités faisant de plus en plus abstraction des frontières.
Ensuite, la collaboration avec Bruxelles via le cabinet international Transtec, le PAE (programme d'appui aux entreprises marocaines) et l'ANPME. Nous sommes ainsi intervenus, avec des consultants de notre réseau, sur des missions de nature très différente (stratégie, organisation, coaching, maintenance, production,...) dans des secteurs aussi variés que l’informatique, le conseil, la plasturgie, l’agro-alimentaire, la métallurgie, le textile,...
Autre satisfaction : le SIRH de Marrakech (symposium international des ressources humaines) organisé par la société française Initiales-RH : nous avons adapté la communication et les messages afin de donner une dimension marocaine à ce projet pour interpeler et mobiliser directement les DRH et DG marocains. Nous avons également réalisé les relations presse. Nous avons eu 140 inscrits du Maroc à ce grand rassemblement international professionnel ainsi que plusieurs partenaires institutionnels et financiers nationaux.
Je citerai aussi la Transmarocaine 2008 & 2009 : en liaison avec les organisateurs, nous avons travaillé sur la notoriété au Maroc de l'événement (marketing direct, relations presse,...), le multisport et le sport propre étant peu connu localement. Nous avons également voulu donner une dimension RH au projet. L'OCP, m2m, Lesieur sont ainsi entrés sur la course en partenaires et en mobilisant leurs ressources internes adeptes de sport. Nous avons également travaillé avec les organisateurs, ONG et entreprises partenaires à la concrétisation de projets socio-économiques (centre pour les jeunes handicapés et  aménagement d'un puits dans la région de Ouarzazate, financement d'une colonie de vacances,...)

Vous travaillez avec des partenaires à l’international. Quelles sont leurs contributions ?
Nous objectif est de mettre des synergies, idées et compétences en commun pour répondre très rapidement à des besoins de nature variée avec une offre de services pertinente. Nous sommes de ce fait très ouverts au partenariat national et international. Grâce aux sociétés et consultants (+ 350) de notre réseau, CMC2 se positionne aujourd'hui sur tout type de projet dans différents pays, ce qui est un atout de taille pour générer des affaires.

Vous animez un vaste réseau de consultants et invitez les seniors à le rejoindre. A quels critères devront-ils répondre ?
Les personnes avec qui nous travaillons (et prenons plaisir à travailler) sont des personnes dynamiques, mobiles, ayant une véritable expérience fonctionnelle ou métier, patientes, ouvertes à différentes cultures, dotées d'un très fort sens de l'humain.
En 2006, j'ai initié la constitution de ce réseau que je suis seule à gérer (afin de maîtriser parfaitement la qualité des profils et le relationnel) et qui se développe.
La qualité des consultants et les relations de confiance que nous avons établies permettent à CMC2 de se positionner sur différents projets au Maroc (PAE, ANPME, GTZ, SEFP,...) et hors-Maroc puisque nous effectuons également du profilage de compétences pour différents cabinets à  l'international (France, Algérie, Tunisie, Corne d'Afrique,...).
La communication et la transparence sont primordiales. Chacun reste libre de se positionner ou non à nos côtés (ce qui impose parfois de remplir des dossiers très lourds...).

Vous jouez le rôle d’intermédiatrice, en quoi cela consiste-t-il ?
L'intermédiation se définit par la mise en relation d'offreurs et demandeurs sur un marché par un tiers, en l'occurence CMC2. Nous devons rester à l'écoute, bien connaître notre tissu relationnel, savoir où chercher et... aimer communiquer pour une mise en relation pertinente..
Les cabinets par exemple ont souvent une structure permanente légère ou très spécialisée. Il est important pour eux de rester ouverts et de pouvoir capitaliser sur chaque rendez-vous sans rester focalisé uniquement sur ses ressources internes. Ceci nécessite de pouvoir étendre son champ d'action pour répondre à la problématique posée.
Notre rôle est de trouver le consultant ou la société idoine, amorcer les contacts, préparer un contexte positif à la mise en relation, de travailler sur le volet contractuel et de vérifier que tout se passe bien d'un côté comme de l'autre.

Pourquoi avoir créé en parallèle Liberty Tech pour la diffusion du logiciel libre Linux. ?
Nous avons créé cette société suite à une étude de marché, aux contacts positifs que nous avons eu avec Mandriva et différentes instances marocaines. Nous avons lancé la société avec une offre de formation afin de monter en compétences les collaborateurs des entreprises et organisations marocaines. Malheureusement, nous avons sous-estimé la maturité du marché et la force lobbyiste de nos concurrents... Le projet GENIE pour l'équipement de salles multimédia dans les écoles en est l'illustration puisqu'il a été totalement fermé aux logiciels libres...
Il aurait fallu alors que l'ambassade de France et la Délégation de l'UE à Rabat, voire Paris, nous épaulent afin de bénéficier des mêmes appuis que des sociétés proposant des licences propriétaires.
Pour que cette offre se développe, il faut une réelle volonté du gouvernement d'aller stratégiquement dans ce sens. Ce n'est pas encore le cas ni au Maroc, ni en Afrique. Pourtant les pays du Maghreb et plus largement de l'Afrique ont tout intérêt à garder cette porte ouverte. Elle leur permettrait plus d'indépendance, moins de sorties de devises, une montée en compétences locales, des développements nationaux, une réelle créativité...

Quels conseils donneriez-vous à un senior désireux de développer une activité au Maroc ?
Je dirais que le Maroc a énormément de potentiel, mais... Nombre de consultants internationaux qui se sont installés dans ce pays peinent professionnellement. Certains repartent rapidement. C'est un marché où il y a théoriquement (et pratiquement) beaucoup à faire, mais il y a encore beaucoup de freins. Le mieux, dans un premier temps, serait de prendre contact avec… CMC2 !

Propos recueillis par Sébastien Payet


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