Emploi Avenir est
VOTRE association qui édite les sites
senioragir.fr, junioragir.fr et prépare le
Jour "J" de l'Emploi


INTERVIEW

Marie DRUMMOND
Médiatrice familiale (92)

 

« Etre un tiers neutre face à un conflit suppose une grande capacité d’écoute,
   de compassion, d’empathie et d’humilité  »

Vu 10985 fois

 


On ne devient pas médiatrice familiale sans avoir développé un sens tourné vers l’humain. Divorce, mise sous tutelle ou curatelle, succession… Marie DRUMMOND est à l’écoute des personnes en difficulté pour tenter de trouver des solutions, rétablir la commu-nication. Une expérience qu’elle aimerait poursuivre.

Comment vous est venu l’idée de devenir médiatrice familiale ?
Mère de famille de cinq enfants, après des années consacrées à ceux-ci, lorsque j’ai décidé de reprendre une activité, c’est tout naturellement que je me suis tournée vers la médiation familiale. En tant que parent d’élève, je m’étais rendue compte que de nombreux enfants vivaient des situations très difficiles à la suite de la séparation ou du divorce de leurs parents.
La philosophie de la médiation me plaisait : l’idée du tiers neutre au milieu des personnes en conflit, aider à la restauration de la communication, le travail sur le concret, amener les personnes à reprendre leur vie en main, favoriser l’autonomie, la responsabilité
de chacun… toute cette éthique me semblait intéressante, pertinente.

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer ce métier ?
Le médiateur est un tiers neutre. Cela nécessite d’avoir fait un certain travail sur soi-même pour avoir la capacité d’écouter les personnes. La neutralité impose déjà de connaître nos limites dans l’écoute, dans ce que nous acceptons.
La neutralité du médiateur questionne : de nombreuses femmes pensent que parce que je suis une femme je vais prendre leur partie.  
Il faut aussi de la compassion, de l’empathie : pouvoir entendre, accueillir et accompagner la souffrance de l’un ou l’autre, la faire
dire pour que chacun des participants puissent en prendre conscience.
Enfin il me semble qu’on ne peut pas être médiateur sans une certaine humilité. Nous sommes là pour accompagner le changement dans les situations familiales et que les personnes trouvent d’elles-mêmes une solution. Or bien souvent les personnes souhaiteraient qu’on leur donne LA solution. Il faut savoir aussi que ce n’est pas toujours en médiation que les situations se dénouent et souvent il faut une situation de crise très violente avant de pouvoir l’entamer. J’ai connu de nombreuses médiations où les personnes m’informaient un an après que la solution avait été enfin trouvée !

Certains cas sont-ils plus complexes que d’autres ?
Certes, mais je pense surtout que c’est l’être humain qui est complexe ! J’ai vu des médiations où les partis avaient quasiment trouvé une solution puis il y avait un revirement soudain et l’un des deux ne voulaient plus signer !
Il y a des cas de harcèlements psychologiques auxquels il faut faire très attention si on ne veut pas qu’une personne signe contre son gré !
Des situations inextricables peuvent trouver une issue très rapidement alors que d’autres qui au premier abord semble simples vont prendre du temps à être résolues voire jamais. En cas de violence psychologique, il est souvent préférable que la justice tranche…
Un être pervers peut être très convaincant, c’est là que le médiateur doit être très vigilant.
Il est certain que les conflits qui concernent plusieurs personnes, plus particulièrement dans le cadre de familles qui souhaitent réfléchir sur la gestion de la vie d’une personne âgée dépendante, sont plus compliqués à résoudre.

Au cœur des difficultés familiales, quel regard portez-vous sur l’enfant ?
Dans le cadre des médiations familiales qui concernent la séparation et le divorce, l’enfant est au cœur des discussions, mais il n’est pas présent le plus souvent. Il me semble que c’est le rôle des parents d’être responsables de leur enfant, de savoir ce qui est bon pour lui. Comment peut-on demander à un enfant de décider s’il veut vivre avec sa mère ou son père ? Il doit être entendu, mais ce sont les parents les plus aptes à prendre une décision commune.
Mon rôle consiste donc à faire parler les parents de leurs enfants, de me les décrire, de me dire leurs centres d’intérêts. C’est un moment qui permet de vérifier que les parents sont d’accord sur la description de leurs enfants et de bien signifier qu’ils sont au centre de la médiation.
Il faut donner une place à l’enfant à travers la parole de ses parents et trouver des solutions qui soient satisfaisantes pour lui. Il est important que chacun des parents puissent exercer cette autorité parentale dans sa profonde conviction. C’est là qu’il faut qu’ils acceptent mutuellement leur vision respective. Et pour cela il faut pouvoir différencier le conflit qui vient du couple qui se sépare de
ce qu’est la coparentalité..

Aujourd’hui que recherchez-vous ? Comment envisagez-vous l’évolution de votre carrière ?
A l’heure actuelle je recherche un poste salarié de médiateur familiale à mi-temps. Je souhaiterais travailler en province si c’était possible (plutôt dans l’Ouest) pour toucher une population plus rurale. Mais si un poste était disponible à Paris ou dans la région parisienne, je resterais ouverte à cette possibilité.

Souhaitez-vous élargir votre domaine de compétences ?
Oui, je m’intéresse à la gestion de vie des personnes âgées dépendantes. Il me semble que l’augmentation du nombre des personnes âgées va impliquer une obligation pour les familles de se mobiliser pour gérer en partie par elles-mêmes la vie de leur parents et aussi avec les aides de la société. Cela peut engendrer un certain nombre de conflits. La médiation familiale peut être un outil pertinent dans ce genre de situation.


Propos recueillis par Martine Triquet

Lire son CV

 


Comment ça marche ?
        Qui sommes-nous ?      Contacts        Infos légales       Partenaires